Bon, on va se dire les vraies affaires : la vie continue. Et par “continue”, je veux dire qu’elle continue de me faire faire des sauts de trois pieds de haut pendant que je trie des boîtes.
Stéphanie, je ne sais pas c’est quoi ton plan de l’autre côté, mais si ton but c’était de me donner des mini-infarctus à chaque fois qu’un objet décide de se garrocher par terre dans ton appart, mission accomplie. J’ai sacré après toi plus souvent en deux jours que dans les cinq dernières années. « Scusez, c’est juste Stéphanie qui nous fait une blague de goût douteux », que je dis au plus vieux pour pas qu’il pense que l’appart est hanté par un poltergeist de mauvaise humeur.
Le service après-vente de Steph (avec amour)
Puis il y a Jaden. Écoutez, on l’aime d’amour, ce petit-là. C’est notre trésor. Mais parfois, quand il décide que c’est le temps d’être “énergisé” (mettons ça de même pour rester polie), je vois Kim lever les yeux au ciel et murmurer : « Seigneur, Stéphanie, comment t’as pu me laisser ça de même ? » C’est ton service après-vente, Stéph. Un petit moteur de 10 ans avec des batteries infinies que tu nous as laissé pour être certaine qu’on ne dorme pas trop. Merci pour le gym gratuit et les sourires, on n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer. C’est probablement ton plus beau tour de magie.
Le miroir que j’attendais pas
Mais au-delà des crises de nerfs et des objets qui tombent, j’ai mangé une claque. En fouillant dans tes affaires, j’ai eu l’impression de fouiller dans mon propre futur (ou mon passé, je sais plus trop).
Des dessins à n’en plus finir. Des bricolages. Des bijoux faits à la main. De la déco que j’aurais pu choisir moi-même (d’ailleurs, j’en ai “emprunté” un peu, tu m’en voudras pas, on a les mêmes goûts). Je suis tombée sur des vêtements que je t’avais donnés et que tu gardais précieusement.
C’est là que j’ai réalisé à quel point on se ressemblait. Dans nos croyances, dans notre besoin de créer, dans notre façon de voir le beau au milieu du scrap. On est faites du même bois, Stéph. Un bois un peu tordu, un peu sec, mais qui brûle longtemps.
La vie après le “Boum”
Alors voilà. Je recommence à rire jaune, à sacrer et à faire du sarcasme. Ce n’est pas parce que je t’oublie. C’est parce que si je ne ris pas de l’absurdité de voir “tomber” des trucs de tes étagères pour me faire peur, je vais passer ma journée à brailler. Et on sait toutes les deux que tu trouverais ça bien trop quétaine.
Repose-toi (mais lâche les tablettes, stp). On s’occupe du reste.
– Jinny


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