Par Jinny, la dépendante (avouée)
Je le dis tout de suite : je suis dépendante. Non, pas de la nicotine, de l’alcool ou du café (enfin, un peu de la nicotine et beaucoup du café). Je suis dépendante de la Zopiclone. C’est ma béquille, mon calmant de fin de soirée, mon passeport vers le silence, et je vis une histoire d’amour toxique avec cette petite pilule bleue ou blanche depuis plus d’une décennie.
Prépare-toi, parce que l’histoire de notre rencontre est longue, et elle a commencé en République dominicaine.
La rencontre (et le gros fail du sommeil)
Je dirais que c’était il y a plus de 15 ans. Le soir avant mon premier voyage en avion, direction la République dominicaine avec ma mère (meilleur voyage ever, by the way). J’étais trop anxieuse pour fermer l’œil. Mon beau-père, qui travaillait des shifts de nuit, avait de la Zopiclone pour dormir le jour. Alors, il m’en a donné la moitié.
Le résultat ? J’ai quand même pas dormi de la nuit ! Le somnifère m’avait bien relaxée, mais le stress a gagné la bataille.
Ce n’est que quelques années plus tard, après la naissance de mon fils et après ma tentative de suicide (parce que le sommeil, c’est essentiel pour ne pas virer folle), que j’ai demandé LE Zopiclone à mon médecin. À ce qu’on disait, ça marche habituellement pour tout le monde. J’ai eu ma prescription : un comprimé (7.5 mg) à tous les soirs au coucher.
La Trazodone et la révélation du “buzz”
J’ai réussi à dormir quelques années, mais après la naissance de ma fille, les nuits sans sommeil sont revenues. Comme j’avais arrêté le Zopiclone pendant ma grossesse, mon nouveau médecin de famille a d’abord tenté la Trazodone.
Ouff ! J’ai pris ça, et je pensais que j’avais même plus de jambes. C’était supposément pas addictif, mais calissement plus fort que le Zop ! Plus jamais. Je suis retournée voir ma docteure et, après lui avoir tout raconté, elle a accepté de me redonner du Zop à 7.5 mg.
Mais… c’est là que tout a changé.
Elle m’a dit : « Pour que ça fonctionne vraiment, ça doit être 30 minutes avant le coucher. » Je prenais toujours ça direct dans mon lit, moi.
Bin mautadit, je me suis rendu compte qu’après une petite demi-heure, tu as un beau petit buzz bien relaxe, juste parfait, tsé. Ce n’était plus juste pour dormir, c’était pour avoir ce moment d’accalmie avant le sommeil.
L’escalade de la quantité (et le deal avec Papa-Maman)
Le petit buzz est vite devenu une dépendance en soi. Je ne me contrôlais plus sur la quantité, donc j’en manquais. Je devais demander à mes parents de me dépanner, jusqu’à ce qu’ils me disent : « Assez, c’est assez. » C’est eux qui gèrent mes pilules depuis ce temps-là. Une pilule par jour, remise en main propre. C’est l’ultime humiliation, mais c’est l’ultime sécurité.
Quand j’ai finalement eu mon médecin spécialisé en santé mentale (différent de mon médecin de famille), je lui ai demandé deux comprimés de 7.5 mg parce que j’avais « encore de la difficulté à dormir ». Mais en vrai, je voulais juste plus de buzz.
Un moment donné, où j’étais optimiste dans ma vie, j’ai demandé de diminuer à un seul comprimé. Je peux-tu te dire que j’ai regretté ? Le sommeil est devenu un champ de mines.
Où j’en suis aujourd’hui : l’acceptation de la béquille
Aujourd’hui, je suis descendue à 5 mg, et ça me va très bien. C’est assez pour m’aider à switcher off le cerveau sans le côté trop puissant de la dépendance.
Mais le côté toxique de cette histoire, c’est que je dois aller chez mes parents TOUS les soirs chercher ma petite pilule. À plus de 30 ans, je dépends encore d’eux pour ma dose de sommeil. C’est pas glamour, c’est pas digne d’un magazine, mais c’est ma réalité.
La Zopiclone n’est pas ma fierté, mais c’est ma béquille de survie. Et j’ai décidé qu’en attendant de ne plus en avoir besoin, je vais l’accepter comme une partie de mon chemin vers l’équilibre.
Et toi ? Quelle est ta béquille de survie ? Raconte-moi en commentaire !


Votre avis compte!