On nous bombarde d’images de tables pleines, de rires gras et de montagnes de cadeaux sous des sapins qui brillent. Mais personne ne parle de la noirceur de ceux qui restent dans l’ombre. Personne ne parle du bruit assourdissant du silence quand tu es seule entre tes quatre murs.
Le frigo vide et le cœur serré
C’est dur de fêter quand on compte ses trente sous pour finir la semaine. Quand remplir le frigo est déjà un exploit, l’idée d’offrir des cadeaux devient un poids sur la poitrine, une preuve de plus que la vie nous a mis de côté. On se sent petite, on se sent poche. On regarde les pubs de dinde et de champagne en se demandant comment on va faire pour le prochain sac de lait.
La solitude au milieu du bruit
Pour certains, la solitude, ce n’est pas d’être seule, c’est d’être entourée de gens qui ne voient pas qu’on se noie. On nous dit : « Fais donc un effort, c’est juste une fois par année ! ». Comme si l’anxiété ou la maladie mentale prenaient congé pour Michael Bublé.
On porte un masque pour ne pas gâcher l’ambiance. On sourit, on dit que « ça va bien », mais en dedans, chaque rire des autres est une aiguille dans notre cerveau neuroatypique. On veut juste s’isoler, s’asseoir avec le chien ou se rouler en boule dans le noir, mais on nous juge. On nous traite de « bêtes » ou de « pas de bonne humeur » parce qu’on a besoin de notre bulle pour ne pas exploser.
Un orage intérieur
Si cette année tu n’as pas de party, si tu n’as rien à mettre sous le sapin, ou si tu es là physiquement mais que ton âme est à boutte, sache que je te vois. On ne rit pas aux éclats, non. On se bat contre un orage intérieur pendant que le reste du monde chante des cantiques.
Noël, ce n’est pas magique pour tout le monde. Pour certains d’entre nous, c’est juste un marathon d’endurance qu’on espère finir sans s’effondrer.
On va y arriver, une respiration à la fois, même si l’air est pesant.
Joyeux Noel quand même !


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