Elle pis moi — La suite qu’on a écrite ensemble

En décembre, j’ai écrit un article sur ma mère.

Je vous avais parlé de la rage. De l’encre noire. De l’époque où je cherchais un coupable pis que c’était elle que j’avais choisie. J’avais parlé du moment où j’avais relu mes propres mots pis que j’avais réalisé que pendant que je l’accusais, elle tenait la barque.

Mais là j’ai quelque chose de nouveau à vous dire.

On a avancé. Toutes les deux.

Le blanc que j’ai jamais su expliquer

Y’a quelque chose de weird avec la guérison — des fois elle arrive pas avec un grand moment de révélation cinématographique. Pas de musique d’orchestre, pas de larmes libératrices dans la pluie. Ma rage envers ma mère, je me souviens pas exactement du moment où elle est partie. Je sais juste qu’un jour… elle était pus là.

C’est comme un mal de tête. Tu réalises qu’il est parti seulement quand tu remarques que ça fait un bout que t’as pas eu mal.

Pis là tu souffles.

Deux characters forts dans le même salon

Faut que je sois honnête — ma mère pis moi, on est pas des femmes de tout repos. On a toutes les deux un caractère qui rentre pas dans une boîte de kleenex. On choque vite. On a des opinions. On les dit.

Pendant des années, ça donnait des étincelles. Pas le beau genre.

La maladie mentale, c’est rough à vivre de l’intérieur. Mais j’oublie des fois à quel point c’est rough aussi pour ceux qui nous aiment sans avoir le mode d’emploi. Ma mère a pas eu de formation en bipolarité. Elle a juste eu sa fille — pis elle a fait ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle avait. C’est pas rien. C’est même énorme.

Pour quelqu’un qui a déjà cru que cette relation-là était brisée pour de bon — vous pouvez pas savoir ce que ça représente ce petit signal-là.

Le nouveau code entre nous

Dernièrement, quelque chose a changé. On travaille fort toutes les deux — pis quand je dis “travaille fort”, je veux pas dire que c’est devenu parfait. Je veux dire qu’on a choisi de faire différemment.

Quand le ton commence à monter, on se dit : “OK. On arrête ça là. On change de sujet.”
C’est simple de même. Pas spectaculaire. Pas un grand discours sur nos émotions avec des mouchoirs pis du thé. Juste… un signal. Un code entre nous deux.
Pis ça marche.

Pour quelqu’un qui a déjà cru que cette relation-là était brisée pour de bon — vous pouvez pas savoir ce que ça représente ce petit signal-là.

Retrouver quelqu’un qu’on avait perdu

J’ai l’impression d’avoir retrouvé ma mère.

Pas une nouvelle version. Pas une version améliorée 2.0 sans défauts. Ma mère. Celle qui a toujours été là même quand je voulais pas le voir. Celle qui tenait la barque pendant que je croyais qu’elle était la tempête.

La maladie mentale éloigne des gens. Pas parce qu’ils nous aiment moins — mais parce que c’est épuisant d’aimer quelqu’un qui souffre pis qui comprend pas encore que t’es de son bord.

C’est correct. C’est humain. Des deux côtés.

Ce que j’aurais voulu savoir avant

Si vous êtes en train de lire ça pis que vous avez une relation abîmée avec quelqu’un que vous aimez — que ce soit votre mère, votre sœur, votre chum, votre ami — je vais pas vous promettre que ça va se réparer.

Parce que vous savez que c’est pas mon genre les promesses en l’air.

Mais je vais vous dire ça : des fois la guérison d’une relation, ça ressemble pas à une grande réconciliation avec des violons. Ça ressemble à deux personnes épuisées qui décident, un mardi ordinaire, d’essayer autrement.

Un signal. Un code. “On arrête ça là.”

C’est peut-être pas grand chose.

Mais pour moi, c’est tout.

Maman — si tu lis ça — je t’aime. Pis je suis fière de nous deux. 🤍

Est-ce que t’as une relation que la maladie mentale a compliquée ? Que ce soit la tienne ou celle de quelqu’un que t’aimes ? Parle-moi de toi dans les commentaires — je lis tout.

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Pas de filtres, pas de gants blancs. Laisse ton courriel pour recevoir mes nouveaux textes sur la santé mentale, la “madness” et la vie, tout simplement. On jase, pour vrai

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