Le combat sans nom : Quand la maladie s’invite dans la « ride »

On cherche souvent des noms, des diagnostics officiels, des papiers signés par des médecins pour mettre une étiquette sur notre douleur. Stéphanie, elle, n’avait pas ce diagnostic « papier ». Mais pour nous qui vivions avec elle, pour Kim qui a vu sa sœur se transformer, les signes criaient plus fort que n’importe quel médecin.

Vivre avec quelqu’un qui perd pied, c’est comme essayer de tenir du courant électrique à mains nues.

Il y avait ces moments où elle se mettait à rire pour absolument rien, un rire qui ne venait pas d’une blague, mais d’un ailleurs qu’on ne comprenait pas. Et la seconde d’après ? Le rire s’éteignait pour laisser place à des « guns » dans les yeux. Un regard chargé, noir, électrique, qui nous traversait le corps. C’est là que tu réalises que la personne que tu aimes est partie quelque part où tu n’as pas de passeport.

Elle parlait avec des gens qui n’étaient pas là. Elle se battait contre des fantômes, gérait des conversations qu’on n’entendait pas, et nous, on restait là, debout dans le salon, à se demander comment on fait pour ramener quelqu’un qui n’est plus vraiment sur la même fréquence que nous.

C’est là que l’impuissance devient un poison. C’est triste pour celui qui le vit, emprisonné dans sa propre tête, mais c’est un deuil quotidien pour les proches. Kim a trouvé ça d’une dureté sans nom de voir sa sœur s’effriter comme ça. On veut aider, on veut réparer, on veut « shaker » la maladie pour retrouver la Stéphanie d’avant, mais la maladie mentale, c’est un mur de briques invisible.

On n’est pas juste des proches aidants. On est des spectateurs d’un crash au ralenti.

Aujourd’hui, je partage ça parce que je sais qu’on est plusieurs dans cette « Meute » de l’ombre. On n’a pas toujours le diagnostic officiel, mais on a les cicatrices qui vont avec. Si vous aussi, vous avez déjà vu ces « guns » dans les yeux de quelqu’un que vous aimez, sachez que je comprends votre fatigue.

On continue la ride, même si le moteur fait des bruits bizarres. Pour elle. Pour nous.

La vie sans filtre.

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