Pourquoi je porte ma boussole autour du cou (et le rêve qui a tout changé samedi)

On dit que le temps arrange les choses. On dit qu’après presque cinq ans, on devrait avoir « passé à autre chose ». Mais la vérité, c’est que le deuil n’a pas de cadran. Parfois, il attend qu’on soit prête, ou qu’on soit assez vulnérable, pour enfin nous rattraper.

Samedi soir, elle est venue me voir. Dans mes rêves, elle était là. C’était si réel que le réveil a été un choc, une douleur qui te coupe le souffle. Depuis, je m’endors les yeux pleins d’eau. Je me suis longtemps dit que de penser à elle, c’était comme « faire exprès » de me faire de la peine. Mais je réalise aujourd’hui que ce n’est pas de la pitié envers moi-même… c’est juste que ma boussole me manque.

Plus qu’une grand-mère, une ancre

Ma mémère, c’était tout pour moi. Ma deuxième mère, ma confidente, mon modèle. Le lien qu’on avait est littéralement indescriptible.

Quand j’étais enceinte de ma fille, elle était là, à chaque pas. On buvait un café (ou trois !), on préparait la maison pour l’arrivée du bébé, on faisait toutes nos commissions ensemble. Elle n’a pas juste assisté à ma grossesse, elle l’a vécue avec moi.

On dit que les bébés reconnaissent les voix qu’ils entendent dans le ventre. Je n’en ai jamais douté, quand je voyais le lien fusionnel qu’elle avait avec ma fille.

Le cadeau du 11 janvier

Ma grand-mère était malentendante à 75%. Elle vivait dans un monde où elle percevait la musique, mais pas les paroles. Elle a eu quatre enfants, mais elle n’a jamais pu entendre le battement de leur cœur pendant ses grossesses. Les petites machines des médecins n’étaient jamais assez fortes pour elle.

Le 11 janvier 2016 — il y a presque 10 ans jour pour jour — j’avais mon dernier rendez-vous à l’hôpital. J’étais branchée sur le gros moniteur. Et là, dans le silence de la chambre d’hôpital, le miracle est arrivé. Pour la première fois de sa vie, elle a entendu le « boum-boum » rapide et sacré d’un cœur de bébé. C’était celui de ma fille.

C’est le plus beau cadeau que la vie m’ait fait : lui offrir ce son-là.

Apprendre à naviguer sans boussole

Elle est partie le 24 août 2021, et je me sens encore parfois perdue en pleine mer sans mon ancre. On me dit que mon deuil commence vraiment maintenant. Peut-être. Peut-être qu’il fallait que je sois assez solide pour enfin accepter qu’elle soit partie pour toujours.

Mais aujourd’hui, je m’autorise à pleurer. Je m’autorise à dire qu’elle me manque d’une façon épouvantable. Parce que même si elle n’est plus là pour prendre un café, le son de ce petit cœur qu’elle a entendu ce jour-là, il continue de battre dans ma maison chaque jour.

Je t’aime, mémère. Merci d’avoir été ma boussole.

Je sais que je ne suis pas seule à porter une absence. On a toutes une boussole qui nous manque, un café qu’on aimerait encore partager, ou un parfum qui nous fait brusquement monter les larmes aux yeux.

Aujourd’hui, j’avais juste besoin d’ouvrir mon cœur et de vous dire que c’est correct de ne pas “être passée par-dessus”. Le deuil n’est pas une ligne droite, c’est une vague qui va et vient. Et aujourd’hui, j’apprends à nager avec.

Et vous, quelle est cette personne qui a été votre boussole ? Ou quel est le petit souvenir précieux (comme mon “11 janvier”) que vous gardez précieusement pour les jours de pluie ?

Laissez-moi un petit mot ou simplement un 🤍 en commentaire si le cœur vous en dit. On va se tenir serrées.

La vie sans filtre.

Pas de filtres, pas de gants blancs. Laisse ton courriel pour recevoir mes nouveaux textes sur la santé mentale, la “madness” et la vie, tout simplement. On jase, pour vrai

Je ne spam pas ! Consulte ma politique de confidentialité pour plus d’informations.

Votre avis compte!

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.