Semaine de la santé mentale
Vous avez remarqué que j’étais disparue ?
Moi oui. Pis ça m’a pesé.
Les dernières semaines, mon blog a été silencieux. Pas parce que j’avais rien à dire — ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours quelque chose à dire. Mais parce que quelque chose en dedans de moi a appuyé sur pause. Pis moi, comme une bonne étudiante de la dépression, j’ai laissé faire.
Le piège du “à quoi ça sert”
J’ai lancé Je Suis Moi début décembre. Cinq mois. Cinq mois à me mettre à nu sur internet, à écrire des choses que je n’aurais même pas dites à voix haute il y a quelques années. Et tranquillement, j’ai commencé à regarder les chiffres. Les réactions. Les lectures.
Pis les chiffres… ils étaient tranquilles, eux aussi.
C’est là que le cerveau malade fait son travail de sape. Pas avec un grand discours dramatique — non, non. Il est ben plus subtil que ça. Il commence par des petites questions : « Est-ce que ça sert à quelque chose ? Est-ce que quelqu’un lit vraiment ? Est-ce que t’es pas juste en train de crier dans le vide ? »
Et moi, au lieu de répondre, j’ai fermé mon ordi.
La vérité sur les débuts
Voici ce que personne ne te dit quand tu lances un blogue sur la santé mentale, ou sur n’importe quoi d’autre d’ailleurs : les débuts, c’est plate. C’est long. C’est silencieux d’une façon qui fait mal dans le chest.
T’écris ton cœur. Tu publies. Tu attends.
Crickets.
Et là t’as deux choix : tu continues ou tu te laisses avaler par le doute. Moi j’ai choisi le doute pendant quelques semaines. Je vais pas vous mentir là-dessus, ce serait hypocrite pour un blogue qui s’appelle Je Suis Moi.
Mais voilà ce que j’ai réalisé en me faisant brasser le cocotier par ma propre tête : si une seule personne lit un de mes articles et se sent moins seule pour les cinq prochaines minutes — j’ai réussi. Une. Pas mille. Pas cent. Une.
La semaine de la santé mentale, c’est aussi pour ça
On parle beaucoup cette semaine de santé mentale, de briser les tabous, d’en parler. C’est bien. C’est nécessaire. Mais j’ai envie d’ajouter quelque chose qu’on dit moins :
La santé mentale, c’est aussi les petits découragements du quotidien. C’est pas juste les grandes crises, les hospitalisations, les diagnostics. C’est aussi le moment où tu lâches quelque chose qui te faisait du bien parce que t’as eu peur de pas être assez bonne.
Mon blogue me fait du bien. Écrire me fait du bien. Me connecter avec vous me fait du bien. Pis j’ai failli laisser tomber ça pour des statistiques.
Ça, c’est la maladie qui parle. Pis aujourd’hui, c’est moi qui réponds.
Je reviens. Pas parfaite. Juste moi.
Je fais pas de promesses du genre “je vais publier trois fois par semaine, j’ai un calendrier éditorial en couleur et une stratégie de contenu”. Parce que premièrement c’est pas moi, pis deuxièmement je tiendrais pas deux semaines.
Mais je reviens. Au jour le jour, comme j’ai toujours fait. Avec mes hauts, mes bas, mon humour douteux et mes histoires vraies.
Parce que Je Suis Moi — pis moi, j’ai des affaires à dire.
Et toi, est-ce que t’as déjà lâché quelque chose qui te faisait du bien parce que ça avançait pas assez vite à ton goût ? Dis-moi ça dans les commentaires — je lis tout, promis.
🌿 Si tu traverses une période difficile en ce moment, t’es pas obligé(e) de le traverser seul(e). Le 9-8-8 est disponible 24/7.


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