Pourquoi j’ai donné mon divan (et pourquoi il me levait le cœur)

Si vous venez chez moi, vous allez remarquer quelque chose de particulier. Il y a un divan, oui, mais c’est le divan des enfants. C’est leur zone, leur confort. Mais pour moi ? J’ai installé mon bureau de travail en plein milieu du salon.

Pour certains, c’est étrange de ne pas avoir de place pour “s’écraser”. Pour moi, c’est une question de survie. Laissez-moi vous raconter l’histoire de mon « traumatisme du divan ».

La récompense devenue dépendance

Au début, le divan, c’était mon allié. Quand j’étais enceinte de mon grand, j’avais une énergie de feu. Ma maison était impeccable, mon lavage était à jour, mon évier brillait. Ma « récompense », c’était de m’asseoir et de regarder mes émissions. C’était mon petit moment à moi.

Puis, bébé est arrivé. J’ai gardé la routine : je lui donnais à boire devant la télé, je relaxais quand il dormait. Mais tranquillement, sans que je m’en rende compte, le plaisir est devenu une béquille. Puis une dépendance.

Le sable mouvant en tissu

C’est le piège classique de la dépression et de la tripolarité : moins on en fait, moins on a envie d’en faire. Le divan est devenu un aimant. Je préférais être devant l’écran que de gérer le quotidien. J’y arrivais encore, je vous rassure : mes enfants n’ont jamais manqué de rien. Les bains étaient pris, les soupers étaient servis à l’heure, et l’amour coulait à flots.

Mais à l’intérieur de moi, je dépérissais. Le divan n’était plus un repos, c’était un trou noir. Chaque minute passée là-dedans me rappelait tout ce que je ne faisais pas. À la fin, je ne pouvais plus le voir. Il me levait le cœur. Il représentait la version de moi que je ne voulais plus être : celle qui regarde la vie passer au lieu de la vivre.

Un geste radical pour ma survie

Un jour, j’ai dit : « C’est assez. » J’ai pris ce divan-là, qui était presque neuf, et je l’ai donné à mon frère. Je voulais qu’il sorte de ma vue.

Aujourd’hui, j’ai racheté un sofa, mais il est pour mes p’tits. Moi, ma place, c’est à mon bureau. Je me tiens assise bien droite pour écrire et dessiner. Je ne « consomme » plus la vie des autres à la télé, je crée la mienne. C’est ma façon de rester dans l’action, d’éviter que le Mode Plouf ne se transforme en mois complet de paralysie.

Le confort, c’est traître parfois. J’ai choisi de transformer mon salon en espace de création pour être présente avec mes enfants, tout en restant debout dans ma tête.

Et vous, est-ce qu’il y a un meuble ou une habitude chez vous qui vous sert de “sable mouvant” ?

La vie sans filtre.

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