Mon dernier article date du 3 juin.
Pour ceux qui comptent — oui, c’est presque un mois. Non, j’ai pas disparu dans un trou noir. Enfin… pas complètement.
La vérité c’est que la vie a décidé de mettre le paquet depuis quelques mois. Pis moi, quelque part là-dedans, je me suis perdue de vue.
Ce que personne voit quand quelqu’un disparaît
Depuis février, j’ai vécu des choses qui m’ont changée. Certaines douloureuses. Certaines belles. Beaucoup des deux en même temps.
J’ai perdu ma belle-sœur. J’ai vu mes enfants partir à la pourvoirie de ma mère pour l’été — comme chaque année, comme la plus belle tradition qui soit — pis j’ai réalisé que l’ennui d’eux pouvait faire aussi mal qu’une blessure physique.
Pis y’a eu l’image.
Kim, assise par terre après son accident de trottinette. Les jambes écartées pour garder l’équilibre. Les mains surélevées. Le visage magané — grafignes, brûlures d’asphalte, bouche pleine de sang séché.
Mais c’est pas ça qui m’a le plus frappée.
C’est son expression.
Une expression que j’avais jamais vue sur elle en cinq ans. Vulnérable. Trop calme. Elle qui est hyperactive et stressée en permanence — surtout avec les hôpitaux — était là, assise par terre, avec un visage que je reconnaissais pas.
Le lendemain, cette image-là était encore collée dans ma tête.
Pourquoi un “petit” choc fait autant mal
J’ai eu du mal à comprendre pourquoi l’accident de Kim m’avait autant secouée. Comparé à tout ce qu’on avait vécu — le deuil, les bouleversements — c’était “juste” un petit doigt cassé.
Mais voilà ce que j’ai compris : quand t’es déjà à bout, le plus petit choc peut faire trembler toutes les fondations. C’est pas de la faiblesse. C’est de la biologie. Un système nerveux épuisé a pus les ressources pour amortir.
Pis moi, depuis février, je donnais à tout le monde sans me recharger.
Ce que personne dit sur l’épuisement de donner
On parle beaucoup de résilience. De se relever. D’être forte.
On parle moins de ce qui arrive quand on a été forte trop longtemps toute seule.
L’épuisement de donner, ça ressemble pas toujours à des larmes pis à un effondrement dramatique. Des fois ça ressemble à manquer de patience avec tout le monde. À mettre son blog dans un tiroir au fond de sa tête. À pas savoir comment répondre quand quelqu’un demande comment tu vas.
C’est là où j’étais.
Me voilà
Je reviens pas avec un grand plan. Pas de calendrier éditorial en couleur. Pas de promesse de trois articles par semaine.
Je reviens juste parce que écrire, c’est une des seules choses qui m’appartient vraiment. Pis j’avais besoin de me rappeler que j’avais le droit de prendre de la place — même quand la vie autour est bruyante.
Mes enfants sont à la pourvoirie, dans la nature, en train de créer les plus beaux souvenirs. Kim guérit. Moi je reprends mon souffle.
Pis vous — vous êtes encore là ?
Parce que moi, je suis encore là. 🖤
Toi aussi t’as déjà mis quelque chose que t’aimais dans un tiroir parce que la vie prenait trop de place ? Dis-moi ça dans les commentaires. 🤍
🌿 Si tu traverses une période difficile, t’es pas seul(e). Le 9-8-8 est disponible 24/7.

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