Mon char — pis pourquoi c’est plus important que vous pensez


Je suis pas quelqu’un qui se plaint.

Enfin — j’essaie. Les gens qui passent leur temps à se lamenter sur les réseaux me tapent sur les nerfs, je vais être honnête. Fak je vais pas faire ça aujourd’hui.

Mais je vais dire comment je me sens. Parce que c’est ça mon blog.

Aujourd’hui je me sens prise.


Le char

Mon char c’est mon safe space.

Pas besoin d’être dedans pour que ça compte. Juste savoir que je PEUX le prendre si j’en ai besoin — c’est ça qui fait toute la différence.

C’est ma sortie. Mon option. Ma liberté.

Quand tout devient trop loud en dedans — le bruit, les émotions, le monde — savoir que je peux monter dans mon char pis partir n’importe où pendant 20 minutes, c’est ce qui m’empêche de me sentir à l’étroit dans ma propre vie.

C’est peut-être niaiseux pour certains. Pour moi c’est essentiel.


Le problème

J’ai oublié de payer mes plaques pendant que j’étais à la pourvoirie.

Fak là — pas de char.

Pis pour payer les plaques, faut d’abord payer 215$ d’amendes parce que l’année passée mon permis a sauté dans le système sans aucun avis. Zéro. Nada. J’ai su ça en me présentant au bureau directement. Beau moment.

Fak on parle de près de 400$ que j’ai pas présentement.

Parce qu’en plus — je suis sur l’aide sociale. Oui. C’est une autre histoire qui s’en vient, promis. Mais là l’important c’est que j’ai déclaré 10 heures de travail en mai pis ils ont décidé de me couper du jour au lendemain en me demandant des documents à n’en plus finir.

Pas de chèque d’août. Pas sûre pour septembre.

J’ai appelé. Je me suis choquée. Je devrais avoir un chèque demain.

Mais en attendant — je suis à pied. Pis je me sens prise.


Ce que ça fait, perdre son safe space

C’est difficile à expliquer à quelqu’un qui a pas de bipolarité ou de dépression.

C’est pas juste un char. C’est pas juste des plaques. C’est l’impression que mes options rétrécissent. Que mes murs se rapprochent.

Mon cerveau a besoin de savoir qu’il a une sortie. Même si je l’utilise jamais. Juste savoir qu’elle est là.

Là elle est pas là.

Pis ça, pour quelqu’un comme moi — c’est lourd d’une façon que les mots arrivent pas toujours à bien décrire.


Pourquoi j’écris ça

Pas pour la pitié. Vraiment pas.

Mais parce que je pense que beaucoup de monde ont un safe space que les autres comprennent pas. Une chambre. Un chemin de marche. Un coin tranquille. Une playlist.

Pis quand ce safe space là devient inaccessible — même temporairement, même pour des raisons plates et administratives — ça déstabilise plus qu’on le réalise.

C’est correct de le nommer.

C’est correct de trouver ça dur.

C’est correct d’être triste pour des raisons qui semblent banales de l’extérieur.

Demain le chèque arrive. Les plaques vont se payer. Mon char va revenir.

Mais aujourd’hui — aujourd’hui je me permets d’être triste. 🖤


C’est quoi ton safe space à toi ? Celui que les autres comprennent peut-être pas ? 🤍


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